Expositions d'art en Normandie
La Normandie s'affirme en 2026 comme une terre d'exception pour les passionnés d'art, mêlant héritage classique et audace contemporaine à travers quatre rendez-vous majeurs.
Cette saison normande offre un dialogue fascinant entre la mémoire des lieux et les questionnements de demain, faisant de la région une escale culturelle incontournable.
Musée "Les Dominicaines"
Tom Nadam
Pour sa réouverture en février 2026, l’espace culturel Les Dominicaines présente le travail de Tom Nadam, artiste diplômé des Beaux-Arts de Caen. Son œuvre, à la croisée de la peinture et de la photographie, explore un univers de « faux calme » où la beauté apparente masque une menace latente.
Inspiré par des paysages volcaniques et les récents incendies de forêt, Nadam dépeint une nature en révolte, entre effondrement et résilience. Ses compositions, marquées par des jeux de superposition, mettent en scène des figures animales — notamment des meutes de chiens — et des vestiges minéraux émergeant de climats désertiques. Ces motifs incarnent une dualité constante entre le monde des vivants et celui des morts, le fidèle compagnon et le prédateur.
À travers des scènes post-catastrophiques, l’artiste interroge notre rapport au vivant et à la mémoire. Ses toiles révèlent la fragilité de rescapés surgissant des fumées, offrant une vision à la fois grandiose et inquiétante d'un monde en sursis.
MUMA Le Havre
Monet au Havre
L’exposition phare du moment, « Ports en vues » (du 8 novembre 2025 au 5 avril 2026), propose une traversée inédite des paysages portuaires. À travers plus de 120 œuvres — de Raoul Dufy à Pierre et Gilles — le parcours explore un siècle d’histoire de l’art, mêlant peinture, photographie et gravure pour sublimer cet univers industriel et poétique.
L’année 2026 sera également marquée par un événement exceptionnel : l'exposition « Monet au Havre » (du 5 juin au 27 septembre 2026). Organisée pour le centenaire de la disparition du maître de l'impressionnisme, elle reviendra sur ses racines havraises et ses premiers pas artistiques.
En parallèle, le musée propose une riche offre culturelle : ateliers créatifs pour enfants, « goûters-tricots » inspirés de Monet, et visites commentées. Ces rendez-vous font du MuMa un lieu de vie dynamique, où les collections permanentes dialoguent avec une actualité artistique foisonnante face à la mer.
Musée des Beaux Arts de Rouen
François Masson, sculpteur Normand
L'exposition « André Hambourg, œuvres de jeunesse », présentée aux Franciscaines de Deauville du 24 janvier au 24 mai 2026, lève le voile sur une période méconnue du célèbre peintre de la Marine. Si l'artiste est mondialement réputé pour ses ciels immenses et ses plages normandes lumineuses, cette programmation explore ses débuts dès l'âge de 17 ans.
À l'opposé de ses œuvres de maturité, ses créations de jeunesse se caractérisent par un cadrage serré, une composition dense et une palette de couleurs plus sombres. Le parcours illustre son passage à l’École des Beaux-Arts de Paris et son installation à Montparnasse dès 1931. On y découvre l’émergence de la figure humaine à travers des portraits de proches et des nus, témoignant de sa maîtrise croissante des volumes. En filigrane, l’exposition dresse le portrait du Paris artistique de l’entre-deux-guerres et de l'École de Paris, marquant les racines d'un maître en devenir.
Atelier du Pouldu
André Hambourg
Si André Hambourg est mondialement connu pour ses horizons normands inspirés d'Eugène Boudin, son œuvre de jeunesse révèle une facette bien plus dense et méconnue. Ce texte explore les débuts du peintre, entré aux Beaux-Arts de Paris à seulement 17 ans.
Loin de la clarté de ses plages futures, ses premières toiles — des vues de rues parisiennes exposées dès 1929 — se distinguent par des cadrages serrés et une palette sombre. Installé à Montparnasse dès 1931, au cœur de l'effervescence de l'École de Paris, l'artiste s'ouvre alors à la figure humaine. Ses portraits de proches et ses nus témoignent d'une recherche technique sur le volume et le corps vivant.
À travers ce parcours, c'est tout le Paris artistique de l'entre-deux-guerres qui transparaît. Cette période de formation constitue le socle académique et humain sur lequel s'est bâtie la signature lumineuse d'un futur grand maître de la Marine.
Les Franciscaines
Valérie Belin "Les choses entre elles"
Du 24 janvier au 28 juin 2026, Les Franciscaines de Deauville accueillent « Les choses entre elles », une exposition monographique dédiée à la photographe française Valérie Belin.
À travers une soixantaine d’œuvres emblématiques, le parcours explore la frontière ténue entre le réel et l'artifice. L'artiste y interroge le statut de l'image en photographiant des corps comme des objets (série Bodybuilders) et des objets comme des corps vivants (Mannequins). L'exposition dévoile également, pour la première fois, sa nouvelle série intitulée Cover Girls, qui traite de la saturation médiatique.
Sans suivre un ordre chronologique, la scénographie illustre l’évolution technique de Belin, du noir et blanc à la couleur et de l’argentique au numérique. Entre portraits glamours, natures mortes électrisées et silhouettes hybrides, Valérie Belin transforme chaque cliché en une métamorphose plastique, invitant le visiteur dans un univers foisonnant où l’humain et la chose dialoguent avec une étrange harmonie.